Multi-devises : l'erreur de change la plus fréquente chez les PME qui exportent

Facturer un client en dollars ou en livres sterling semble simple : on applique un taux de change, et l'affaire est réglée. C'est justement cette apparente simplicité qui masque l'erreur la plus fréquente chez les entreprises qui exportent sans DAF dédié.
Confondre le taux du jour de la facture et le taux du jour de l'encaissement
Entre l'émission d'une facture et son règlement effectif, plusieurs semaines s'écoulent souvent — le temps du délai de paiement client. Pendant cette période, le taux de change peut évoluer significativement. La marge calculée au moment de la facturation n'est donc presque jamais celle réellement encaissée, et l'écart peut représenter plusieurs points de marge sur une opération qui semblait pourtant rentable.
Ne pas suivre sa marge devise par devise
Beaucoup d'entreprises suivent une marge globale, toutes devises consolidées. Ce chiffre moyen peut masquer une devise structurellement perdante compensée par une autre plus favorable — jusqu'au jour où les proportions changent et où la perte devient visible d'un coup, sans avoir été anticipée.
L'absence de politique de couverture n'est pas neutre
Se couvrir contre le risque de change ne demande pas nécessairement des instruments financiers complexes. Une règle simple — par exemple, couvrir systématiquement les montants au-delà d'un certain seuil, ou facturer directement en euros au-delà d'une certaine taille de contrat — suffit souvent à éliminer la majeure partie du risque. L'absence de règle du tout, en revanche, revient à parier sur le marché des changes sans l'avoir décidé consciemment.
Harmoniser ces pratiques entre filiales ou zones géographiques demande un regard qui suit les flux en continu — pas seulement au moment de la clôture annuelle.
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